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Dans les traditions musicales plus traditionnelles,
le musicien devait susciter dans son public des sentiments
positifs, comme la joie, la quiétude, etc. Disons la
sérotonine, la phényléthylamine, la dopamine,
etc.. La musique triste a aussi été utilisée
pour permettre au public d'exprimer sa propre tristesse et
pouvoir ainsi mieux l'assimiler. Dans ce cas aussi, on observe
clairement un processus biochimique, où, par exemple,
des récepteurs sont activés pour des molécules
d'information plus positives. De plus, il y avait aussi, par
exemple, de la musique militaire, qui devait envoyer les soldats
au front avec le courage, la concentration et l'agressivité
nécessaires au combat, disons un mélange de
dopamine, de noradrénaline, etc. Les danses guerrières
des cultures dites plus primitives y sont aussi comparables.
La
musique plus moderne fait naturellement exactement la même
chose et l'on pourrait tout aussi bien faire le classement
de la pop au punk en passant par la house (etc.) sur la base
des émotions qu'elles déclenchent et les produits
biochimiques correspondants. Ou pour mieux dire encore, chaque
genre musical moderne correspond à un mélange
déterminé d'émotions, comme la joie combinée
avec un soupçon de courage ou la colère combinée
avec un peu d'anxiété. En tout cas, depuis le
rock et le punk, des émotions moins agréables
sont aussi devenues l'objet de la musique, comme la colère
et le dégoût. Il n'y a rien à redire à
cette critique de la société, mais la personne
qui écoute cette musique, doit être bien consciente
que ce n'est pas sans conséquence sur son humeur. Les
produits biochimiques correspondants seront produits dans
le corps et ne disparaîtront pas d'un coup de baguette
magique. A moins que le musicien parvienne, partant de ces
sentiments négatifs identifiables pour beaucoup, de
les élever par la musique à un niveau supérieur.
Pour ceux qui tombent facilement dans un sentiment de colère
et de dégoût, ce n'est évidemment pas
nécessaire.
Heureusement, tout comme pour les autres sens, la mémoire
joue un rôle considérable. Il est caractéristique
que les personnes éprouvent un sentiment particulièrement
agréable quand elles entendent des chansons qui étaient
populaires dans la période de leur adolescence. Ces
chansons leur rappellent une époque où les émotions
étaient en général particulièrement
fortes et importantes. Une chanson des Sex Pistols peut même
vraisemblablement conduire à la production de sérotonine
ou de phényléthylamine. Aussi longtemps
que vous restez conscient de la chose, vous êtes le
mieux placé pour déterminer quelle musique vous
fait du bien à un moment donné. Si vous vomissez
les chansons mélos ou la musique gaie, parce qu'elles
vous paraissent hypocrites, écoutez de la musique que
vous pouvez prendre au sérieux. Et qui, de préférence,
outre son aspect critique et "cool", dégage
tout de même une certaine beauté.
Dans ce contexte, il importe de souligner que les molécules d'information et leur récepteurs ne s'arrêtent pas, mais vibrent continuellement en rythme. La qualité de ces vibrations est particulièrement importante pour le nombre de contacts entre les molécules d'information et leurs récepteurs et pour leur qualité. La musique, qui normalement présente toujours un rythme, a une forte influence sur ces vibrations moléculaires. Certains genres musicaux, des mantras religieux aux sons des tambours en passant par la house, se limitent fortement à l'effet de ces vibrations.
Le bruit est d'un tout autre ordre, d'abord parce qu'il est chaotique au lieu d'être rythmique. L'influence du bruit chaotique est généralement négative, bien qu'il s'agisse d'un domaine encore peu étudié par la science. Le contexte émotionnel donne aussi un tout autre contenu au problème de la nuisance sonore. Elle ne se limite manifestement pas aux décibels.
D'autre part, certains sons, même chaotiques, ont un effet positif. Parmi les exemples, citons le bruissement des feuilles d'arbres, le murmure d'un torrent ou d'une fontaine ou la houle rythmique à la mer. Outre le rythme, la tonalité et l'intensité jouent aussi un rôle particulier dans le déclenchement de sentiments.
En tout cas, la musique et le son représentent, à notre époque moderne, des outils particulièrement intéressants pour diriger notre humeur dans la bonne direction. Nous disposons, en effet, partout de radios, de lecteurs de cassettes et de CD. Un baladeur est l'idéal pour vous couper de votre environnement, qu'il s'agisses d'une gare ferroviaire ou de votre petite soeur qui pleure. Conservez chèrement vos chansons préférées et cherchez de nouvelles musiques pour éprouver de nouvelles émotions. Attention malgré tout à la radio : votre station préférée peut aussi émettre de la musique chargée d'émotions auxquelles vous n'êtes pas réceptif sur le moment.
Et
si c'est possible : composez vous-même. L'importance
de cette démarche est de concentrer entièrement
votre attention sur la musique. Une personne triste ou dépressive
n'est pas toujours en mesure d'écouter de la musique
gaie. Un musicien qui joue, joue. Chanter permet de se décharger
de ses émotions, ce qui vient vraisemblablement du
fait que le chant transmet de fortes vibrations à travers
tout le corps, qui peuvent donc fortement influencer les vibrations
de molécules d'information et leurs récepteurs.
Qui ne s'est jamais surpris à fredonner continuellement et involontairement une chanson ? Nous avons alors tendance à en être gêné et nous essayons d'arrêter. Ce n'est toutefois aucunement nécessaire. S'abîmer dans une mélodie interne fait durer le sentiment qui l'accompagne. Il arrive souvent que l'on réfléchisse continuellement à des choses moins agréables ou que l'on se fasse du souci. Ou cela vous protège des influences désagréables de l'extérieur. Et quand vous trouvez que c'est une chanson stupide, choisissez-en simplement une autre.
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