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Il est ressorti d'études menées sur des femmes américaines souffrant d'accoutumance à la nourriture qu'il s'agissait de chocolat dans 86% des cas. Pour certaines, seul le goût unique du chocolat en est responsable. En tant que champion du goût avec plus de 500 substances gustatives différentes et un effet de fonte inégalé sur la langue, c'est aussi plausible. D'autre part, il est également clair que l'influence du chocolat sur la biochimie du sentiment est assez prononcée.
Sérotonine
La sérotonine est un stimulant naturel endogène qui nous procure un sentiment de bien-être. Le goût du sucre fait augmenter immédiatement la teneur en sérotonine du dans notre sang, sans que le sucre contienne lui-même de la sérotonine. On observe un effet analogue avec les aliments très gras. Etant donné que le chocolat contient beaucoup de sucres et de graisses, son goût produit beaucoup de sérotonine dans le corps. En ce sens, le chocolat est donc en effet de la famille de l'antidépresseur Prozac et de la drogue des boîtes qu'est l'Extasy, dont l'effet repose tout autant sur un accroissement des concentrations de sérotonine.
En outre, le chocolat contient aussi de la tryptophane, l'acide aminé essentiel qui est nécessaire à la fabrication de sérotonine dans le corps. La question est de savoir si la quantité limitée de tryptophane dans le chocolat est suffisante pour obtenir un effet perceptible. La viande, le lait, les oeufs, les bananes, les kiwis, les abricots, les prunes, les ananas, les tomates, les graines de tournesol et les noix contiendraient proportionnellement beaucoup plus de tryptophane.
Endorphine, phényléthylamine, anandamide, caféine, théobromine...
Le chocolat contiendrait aussi de la phényléthylamine - le peptide de l'amour - et relèveraient les concentrations d'endorphines dans le corps - la morphine endogène. Pour certains, c'est même un effet plus important que celui de la sérotonine. Un élément intéressant est qu'il a été démontré que les accrocs au chocolat se révélaient moins dépendants une fois qu'on leur administrait des inhibiteurs de l'endorphine. Sans l'effet endorphine, le chocolat s'avérait donc moins attrayant.
Il y a actuellement une grande discussion, car des chercheurs
ont aussi trouvé de l'anandamide
dans le chocolat, le THC endogène, l'élément
actif de la marihuana
et du hasch. Les quantités seraient toutefois très
faibles. D'autre part, l'on a également trouvé
de la N-acyléthanolamine, qui pourrait renforcer l'effet
de l'anandamide, et ce non seulement de l'anandamide dans
le chocolat, mais aussi de l'anandamide présente naturellement
dans notre corps.
Le chocolat a aussi un effet stimulant par la présence
de caféine
et de théobromine,
qui renforcent l'effet des récepteurs pour la noradrénaline.
Les tentations sont donc suffisamment nombreuses pour devenir dépendant du chocolat, mais comme pour toutes les drogues, il y a des raisons de s'en méfier. Toute submersion de la biochimie avec l'un ou l'autre neurotransmetteur ou peptide détériore, en effet, la capacité naturelle du corps à produire lui-même ces substances. Manger du chocolat peut vous faire momentanément du bien, mais à long terme, le risque est grand que votre capacité à être heureux diminue. De plus, les effets pendant et après la digestion en cas de surconsommation d'un produit très riche sont de nature à annihiler très rapidement la plupart des effets positifs.
Effets pendant et après la digestion
Des aliments à haute teneur en sucre, comme le chocolat, provoquent une réaction de rejet dans le corps, qui produit une grande quantité d'insuline. L'insuline se retrouve dans le sang, où elle favorise le catabolisme du glucose-sucre dans les cellules du corps. Si la quantité de glucose dans le sang est très élevée, la production d'insuline sera tellement forte qu'elle entraînera finalement un manque de glucose dans le sang. L'effet stimulant d'une concentration élevée de glucose dans le sang peut se révéler intense au point d'entraîner de la nervosité et de l'agitation. Une teneur trop faible en glucose, par contre, peut causer de l'apathie et des sentiments d'anxiété, notamment par une surproduction des hormones que sont l'adrénaline et le cortisol. Cet effet presque maniaco-dépressif du sucre est l'une des raisons pour lesquelles l'attention pour les sucres plurivalents, qui présenteraient une libération plus progressive et limitée de glucose dans le sang, s'est considérablement multiplié au cours de la dernière décennie. Quant à savoir si les sucres plurivalents font tellement de différence, cela reste un point de discussion.
Quand nous mangeons de grandes quantités de sucre, le corps transporterait aussi l'acide aminé tryptophane depuis le flux sanguin jusqu'au système nerveux central, où il le convertit en sérotonine. Si l'on mange régulièrement trop de sucre, cela peut entraîner un excédent chronique de sérotonineet à une carence en dopamine, ce qui accentue plus rapidement l'irritabilité.
Les graisses et la caféinoïde du chocolat irritent, en outre, le foie, pouvant ainsi provoquer une forte sensation d'apathie.
Conclusion
Le risque de devenir accroc au chocolat est attesté par la réalité et les effets sur la biochimie du sentiment. Il ne fait pas non plus de doute que cette accoutumance a des conséquences négatives sur la vie émotionnelle et la santé en général. On peut donc certainement consommer du chocolat, mais avec modération. Une simple barre de chocolat, c'est déjà trop.
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